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Une rencontre avec les élèves à domicile de Long Islande

Ce chapitre est tiré du livre My Life as a Travelling Homeschooler: In the Words of an 11-Year-Old rédigé par Jennifer Goldman. Jennifer a écrit ce livre lorsqu’elle avait 11 ans. Elle y décrit son quotidien lorsqu’elle faisait l’école à la maison chez son oncle, Jerry Mintz, dans un contexte structuré selon les principes d’une école démocratique. Son témoignage indique comment le développement émotionnel d’élèves peut bénéficier d’un contexte démocratique d’apprentissage. Aujourd’hui, Jennifer a 31 ans et supervise le laboratoire d’une clinique vétérinaire au Colorado où elle est également technicienne en chef.

Pour le moment, ça fait à peu près un mois et demi que je fais l’école à domicile. Dans l’ensemble, jusqu’à présent, j’aime vraiment ça et j’ai eu plusieurs bonnes expériences.

Je ne suis pas en mesure d’expliquer en une phrase quel genre de journée j’ai eu aujourd’hui parce que ça a été tellement déroutant. C’est comme si toutes les bonnes et mauvaises expériences de ma vie venaient d’être mélangées dans un milkshake.

Aujourd’hui, nous sommes allés à une écloserie où j’ai rencontré un groupe d’élèves à domicile de Long Island pour la première fois. Bien que j’aie passé une bonne journée et que les enfants que j’ai rencontrés ont vraiment été fins avec moi, je crois que ma rencontre a éveillé de mauvais sentiments en moi parce que ça m’a fait réaliser que même les enfants de Long Island peuvent être gentils. Si, tout ce temps-là, ils avaient pu être gentils, pourquoi ne l’avaient-ils pas été?

Un peu après que nous soyons revenus, j’ai écouté la télévision. Jerry et moi avons eu une querelle à propos de qui pourrait écouter la télévision. Ça a été surprenant, je me suis disputée avec Jerry à propos de regarder la télévision. Il n’écoute pratiquement jamais la télévision.

Jerry a donc convoqué une assemblée familiale dans laquelle seulement lui, Nana et moi furent présents. Jerry était insulté parce qu’il venait de me laisser écouter mon émission et je ne voulais pas le laisser écouter la sienne par après. (En fait, je lui ai laissé écouter son émission, mais j’ai quitté le salon en colère). Je crois que la raison pour laquelle j’ai agi de la sorte n’était pas à cause de ce qui venait de se produire, mais à cause de quelque chose qui avait eu lieu auparavant :

Dans le passé, lorsque je revenais de l’école publique, je voulais juste rentrer et relaxer en regardant un peu la télévision parce que j’étais tannée de la MAUDITE école (j’ai le désir d’utiliser plein d’autres mots, mais je me retiens). J’allais dans le salon et je pouvais voir Jerry regarder la télévision. Je lui disais : « Jerry, je suis tannée de l’école et je veux regarder la TV. » Il me répondait : « Non, je suis désolé, je regarde quelque chose en ce moment. » Lors d’autres occasions, je regardais la télévision et Jerry voulait regarder quelque chose. En général, Jerry est très compréhensif, donc ces situations sont inhabituelles. Il viendrait et dirait : « Je veux regarder quelque chose. » et commencerait à regarder une émission, sans porter attention à si j’étais en train d’écouter une émission ou pas. Donc, d’une certaine façon, j’étais frustrée à cause de ce qui s’était produit dans le passé, et non pas, à cause de ce qui s’était passé cette soirée-là.

Penser à ça a animé en moi d’autres mauvais sentiments. À un certain point, lors de l’assemblée familiale, Jerry venait de résumer ce que j’avais dit dans l’assemblée démontrant qu’il avait compris. Puis, il me demanda d’expliquer son point de vue.

En expliquant son point de vue, j’ai ri de sa perspective d’une certaine façon. Après, il fut relativement frustré et me dit : « Tu sais, mon estomac a fait ÇA lorsque tu as dit cela. », puis, il a fait un geste comme s’il allait vomir. À ce moment-là, je suis sortie du salon en pleurant jusqu’à ma chambre.

Un peu plus tard, je suis redescendue et Jerry était assis sur le divan essayant d’avoir une assemblée familiale sans que personne ne soit présent. Il me dit : « C’est assez difficile d’avoir une assemblée tout seul. » Donc, j’y suis retournée et je l’ai joint dans l’assemblée. Puis, il m’a expliqué pourquoi j’étais si fâchée :

Je lui ai dit que, si je faisais une crise comme ça à l’école, j’irais en retenue pour trois semaines ce qui me rendrait encore plus frustrée. Donc, j’accumulerais cette frustration afin de ne pas aller en retenue. J’en accumulerais davantage jusqu’à ce que j’aie à en relâcher un peu. Puis, je retournerais en retenue, ce qui ajouterait à ma frustration.

Essayez d’imaginer comment ce serait si vous deveniez frustré comme ça à toutes les fois qu’un enfant rirait de vous. Pensez juste à ce qui arriverait si j’exprimais mes frustrations comme ça à toutes les fois que quelqu’un rirait de moi. Lorsque j’étais à l’école, on riait de moi AU MOINS cinq fois par jour. Ils trouvaient ces toutes petites choses et les rendaient énormes. Par exemple, « Elle a de la boue sur son soulier. », ou «Lorsqu’elle était en train de courir en éducation physique, elle est tombée en pilant sur son propre pied. »

Cette assemblée familiale a éveillé tous ces souvenirs en moi. Donc, après avoir réalisé aujourd’hui que les enfants pouvaient être gentils avec moi, je me demande toujours pourquoi ils ne l’étaient pas.

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